Le lexique du couvreur.
Noue, closoir, pureau, arêtier : les mots qu’on trouve sur un devis de couverture, expliqués un par un. Chaque définition dit à quoi la pièce sert et ce qui se passe quand elle lâche.

A
Abergement
Ensemble des pièces qui assurent l’étanchéité entre la couverture et un élément qui la traverse : souche de cheminée, sortie de ventilation, fenêtre de toit. C’est par là que l’eau entre sur la plupart des maisons, bien avant le milieu des pans.
Arêtier
Ligne saillante formée par la rencontre de deux pans de toiture, à l’opposé de la noue qui est rentrante. Il se couvre d’éléments spécifiques, scellés ou posés à sec sur un closoir ventilé. Un arêtier mal fermé laisse passer la pluie poussée par le vent.
B
Bavette
Pièce de zinc ou de plomb qui conduit l’eau depuis un point de jonction vers la couverture, par exemple au bas d’une souche ou sous une fenêtre de toit. Elle se distingue du solin, qui assure l’étanchéité contre le mur ; les deux travaillent ensemble.
C
Chatière
Tuile ou élément ajouré posé dans la couverture pour ventiler le comble ou l’espace sous l’écran. Une toiture qui ne respire pas accumule la condensation, et c’est l’humidité de l’intérieur qui finit par attaquer les bois.
Chevron
Pièce de bois qui descend de la panne faîtière à la panne sablière, et qui porte le liteaunage. Son point faible est presque toujours l’about, en bas de pente, là où des années d’eau débordée d’une gouttière finissent par le faire pourrir.
Reconnaître un bois attaquéChéneau
Canal de récolte des eaux de pluie encastré dans la maçonnerie ou porté par la charpente, à la différence de la gouttière qui est pendue au bord du toit. Personne ne regarde jamais le fond d’un chéneau : c’est pourtant là qu’apparaissent les premières perforations.
Le zinc : entretien et réparationClosoir
Bande ventilée posée sous les éléments de faîtage ou d’arêtier pour les fermer tout en laissant l’air circuler. Un faîtage à sec avec closoir supporte mieux les mouvements qu’un faîtage scellé au mortier, et il ventile la partie haute du comble.
Crochet
Attache métallique qui retient une ardoise sur le liteau. C’est le crochet qui casse en premier, pas l’ardoise : une couverture d’ardoise se juge à l’état de ses crochets, et c’est ce qui décide d’une réfection.
Tuile, ardoise ou zincE
Écran sous-toiture
Membrane posée sur les chevrons, sous le liteaunage, qui arrête la pluie poussée par le vent et la neige poudreuse passées sous les recouvrements. Beaucoup de maisons d’avant les années quatre-vingt n’en ont pas ; il se pose à l’occasion d’une réfection, jamais isolément.
À quoi sert un écran sous-toitureF
Faîtage
Ligne de rencontre haute de deux pans de toiture, et par extension les éléments qui la couvrent. C’est le point où le vent exerce la dépression la plus forte : c’est par le faîtage que commencent la plupart des désordres après un coup de vent.
Ce que le vent fait à une toitureFaîtière
Élément de terre cuite, de béton ou de métal qui coiffe la ligne de faîtage. Scellée au mortier dans la mise en œuvre traditionnelle, fixée à sec sur closoir ventilé dans la mise en œuvre actuelle.
G
Gouttière
Canal pendu au bord du toit qui recueille l’eau et la conduit vers la descente. Bouchée, elle déborde et l’eau ruisselle sur la façade, puis attaque le pied de mur et remonte sous les premiers rangs de couverture.
Préparer sa toiture avant l’hiverL
Liteau
Tasseau de bois cloué en travers des chevrons, sur lequel les tuiles ou les ardoises prennent appui. Un liteau qui ne tient plus le clou condamne la couverture posée dessus : c’est le poste qu’on remplace systématiquement lors d’une réfection.
Liteaunage
Ensemble des liteaux d’une toiture, et l’écartement entre eux. Cet écartement, le pas, dépend du modèle de tuile et de la pente ; c’est lui qui détermine le recouvrement, donc l’étanchéité.
N
Noue
Angle rentrant formé par la rencontre de deux pans de toiture, qui concentre l’eau de deux versants. C’est le point le plus sollicité d’une toiture et l’un des premiers à fuir, surtout sur les faibles pentes où l’eau circule lentement.
D’où vient une infiltrationP
Panne
Pièce de charpente horizontale qui porte les chevrons. La panne faîtière est en haut, la panne sablière en bas sur le mur, les pannes intermédiaires entre les deux. Un affaissement visible dans la ligne de toit signale souvent une panne qui a fléchi.
Reconnaître un bois attaquéPureau
Partie visible d’une tuile ou d’une ardoise, celle qui n’est pas recouverte par l’élément du rang supérieur. Plus le pureau est faible, plus le recouvrement est grand, et plus la couverture résiste à la pluie poussée par le vent.
R
Recouvrement
Longueur sur laquelle un élément de couverture est couvert par celui du rang au-dessus. C’est le recouvrement qui fait l’étanchéité d’une couverture en petits éléments, pas la tuile elle-même : une toiture au recouvrement juste peut laisser entrer l’eau par grand vent tout en étant intacte.
Rive
Bord latéral d’un pan de toiture, à l’extrémité des rangs. Avec le faîtage, c’est l’endroit où la dépression provoquée par le vent est maximale, et donc l’une des deux zones qu’on examine en premier après un épisode venteux.
Ce que le vent fait à une toitureS
Sablière
Pièce de charpente posée au sommet du mur, qui reçoit le pied des chevrons et répartit la charge. Son état conditionne celui de tous les abouts de chevrons qui s’y appuient.
Solin
Raccord d’étanchéité entre la couverture et un ouvrage vertical : mur, souche de cheminée, lucarne. Un solin correct est engravé dans la maçonnerie ; un mastic passé par-dessus une fissure ne tient pas plus de quelques saisons.
D’où vient une infiltrationSouche
Partie de la cheminée qui dépasse au-dessus du toit. Ses abords concentrent solins, bavettes et raccords, ce qui en fait le premier point d’entrée d’eau de la plupart des maisons. Une souche qui ne sert plus se dépose souvent avec profit.
D’où vient une infiltrationSurface rampante
Surface réelle d’un pan de toiture, mesurée dans le plan de la pente, par opposition à la surface au sol. Elle se calcule en divisant la surface au sol par le cosinus de l’angle : à quarante-cinq degrés, une emprise de cent mètres carrés donne cent quarante et un mètres carrés de couverture.
T
Tuile canal
Tuile en forme de demi-cône, posée en courant et en couvrant, caractéristique du Midi. On n’en trouve pratiquement pas en Île-de-France, où la tuile plate, la tuile mécanique, l’ardoise et le zinc dominent.
Tuile mécanique
Tuile à emboîtement, moulée avec des rainures qui assurent l’assemblage avec ses voisines. C’est la couverture du pavillonnaire d’après-guerre : entre dix et vingt éléments au mètre carré selon qu’elle est de grand ou de petit moule.
Les toitures des YvelinesTuile plate
Petite tuile sans emboîtement, posée en recouvrement sur trois épaisseurs, typique du bâti ancien d’Île-de-France. Elle demande soixante à soixante-dix éléments au mètre carré et une charpente capable d’en porter le poids.
Tuile, ardoise ou zincV
Volige
Planche clouée sur les chevrons pour former un support continu, sous une couverture d’ardoise ou de zinc. Elle remplace le liteaunage à claire-voie et reçoit directement les crochets ou les pattes de fixation.
Z
Zinguerie
Ensemble des ouvrages métalliques d’une toiture : gouttières, descentes, chéneaux, noues, solins, habillages de lucarne et de souche. C’est la partie qui fuit le plus souvent, et celle qu’on inspecte avant les pans eux-mêmes.
Le zinc : entretien et réparationDemandez, on explique.
Un devis rempli de termes qu’on ne comprend pas n’est pas un devis comparable. Si une ligne vous échappe, appelez : on vous dit ce qu’elle recouvre, même si le devis vient d’ailleurs.
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